Des centaines de camionneurs canadiens participent, depuis la fin janvier, à une route de protestation qui va de différentes régions du pays à la capitale Ottawa : la soi-disant Caravane pour la liberté.
Nous vous expliquons tout ce que l'on sait de cette contestation, qui s'étend déjà à d'autres pays bien qu'avec une grande confusion, entre les contestations réelles et les contestations inventées par des moyens négationnistes.

Les transporteurs ont décidé de commencer à manifester ainsi contre la nouvelle réglementation qui, depuis le 15 janvier, durcit les exigences contre le Covid pour franchir la frontière avec les États-Unis et qui, surtout, oblige à se faire vacciner contre le coronavirus et à accrédite le calendrier vaccinal complet comme condition essentielle pour pouvoir changer de pays.
Depuis qu'elles ont commencé, les manifestations n'ont pas cessé au Canada, un pays qui a près de 9 000 kilomètres de frontière en commun avec les États-Unis, au point que dimanche 6 février dernier, après onze jours ininterrompus de mobilisations et avec 5 000 manifestants bloquant le centre-ville d'Ottawa, le maire de la ville, Jim Watson, a déclaré l'état d'urgence après avoir admis qu'ils « perdaient la bataille » et que « la situation est hors de contrôle ».
Les autorités ont privé les camionneurs de carburant et se concentrent sur la suppression du financement massif que le Freedom Ride reçoit, en particulier jusqu'à présent via le site de financement participatif GoFundMe.
Watson a demandé au gouvernement fédéral d'envoyer 1 800 policiers à Ottawa pour faire face au "siège" des camionneurs et de bien d'autres qui les ont rejoints, la grande majorité négateur de la pandémie. Le Canada ne sait pas comment faire face à une situation qui échappe à ses gouvernants depuis le début et qui ne se concentre plus seulement sur Ottawa, mais aussi sur d'autres grandes villes comme Toronto et Québec.
Après les manifestations qui ont commencé au Canada, les camionneurs ont emboîté le pas ailleurs, comme aux Pays-Bas le 30 janvier ou un jour plus tard en Australie, où une caravane s'est formée et s'est terminée par un rassemblement de plusieurs jours devant le Parlement. de Canberra. Il y a aussi eu des protestations contre les mesures contre le covid à Wellington, la capitale de la Nouvelle-Zélande voisine, l'un des coins de la Terre où la pandémie a causé le moins de dégâts.
Mais les protestations ont également activé les fausses nouvelles des profils sur les réseaux sociaux et les médias du déni, auxquels il semble que les images de caravanes de camionneurs manifestant dans tous ces pays n'ont pas suffi. C'est pourquoi des images qui ne correspondent pas aux protestations sont utilisées pour s'assurer qu'un tel pays a rejoint les protestations.
C'est le cas de l'Italie, où un utilisateur de Twitter avec 9 500 abonnés a partagé une vidéo du Raduno Truck Carmagnola 2021, une réunion de camions qui faisait partie de la programmation culturelle du San Michele, à Carmagnola, une commune de la région turinoise. Dans son tweet, il a affirmé qu'il s'agissait d'images actuelles de manifestations en Italie.
Un média numérique argentin a également assuré que les camionneurs brésiliens avaient lancé des manifestations similaires à celles des camionneurs canadiens, avec pour seule preuve des images que, plus tard, l'Associaçâo Nacional de Transporte do Brasil a confirmé qu'elles correspondaient à Des camionneurs brésiliens protestent mais à partir de 2015.
Le Département de la sécurité intérieure des États-Unis a mis la police du pays en alerte sur les plans, encore confus mais inquiétants, d'étendre la manifestation anti-vaccin canadienne ici. Le projet de cet autre Freedom Convoy, prévu dans les prochains jours ou semaines et encouragé par Donald Trump, a pris de l'ampleur grâce aux réseaux sociaux. Avec des dizaines de milliers d'abonnés, leurs groupes Facebook et Telegram diffusent des directives organisationnelles et logistiques pour une grande marche de la Californie à Washington DC. Cette décision déstabilise la Maison Blanche, principalement en raison des dommages que le convoi canadien inflige à l'industrie automobile.
Les promoteurs de la version américaine de la caravane anti-vaccin, liée aux mouvements d'extrême droite et aux républicains radicaux, ont des dates et des objectifs différents. Bien que tout le monde pointe la capitale comme objectif, certains prévoient de commencer ce week-end par un boycott de la finale sacrée du football américain, le Super Bowl, qui se déroule dimanche à Los Angeles. Il est également question dans les forums de convoi de faire exploser le discours sur l'état de l'Union du président Joe Biden le 1er mars.
Le dernier pays dans lequel des manifestations ont commencé contre les mesures anticovid est la France. Mercredi 9 février, plusieurs groupes se sont mobilisés dans différentes parties du pays, avec l'intention de converger le samedi 12 février à Paris puis de continuer vers Bruxelles.
Inspirés par les camionneurs canadiens, les manifestants français se sont aussi appelés le Convoi pour la Liberté, mais dans ce cas ce sont des gens qui se déplacent avec leur voiture privée, et n'ont pas le soutien des associations de transporteurs , qui en France ne sont pas soumis aux mêmes restrictions qu'au Canada, où ils sont tenus d'être vaccinés contre le covid pour entrer dans le pays.
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